Amsterdam 1641, Rembrandt Van Rijn et sa femme Saskia viennent d’avoir un fils, Titus. C’est leur premier enfant à ne pas mourir à sa naissance. En retraçant la vie de Titus, c’est évidemment, en creux, celle de son père que Robin nous fait découvrir. Rembrandt, rabelaisien en diable, tour à tour ogre généreux aux humeurs changeantes, bourreau de travail, amateur de femmes, mauvais gestionnaire poursuivi par ses créanciers…
On suit aussi le parcours du jeune Titus, certes plus modeste que celui de son père, mais non moins passionnant, avec en toile de fond, joliment évoquée, l’Amsterdam du XVIIe siècle. La vie de Titus, c’est aussi le récit de la très belle histoire d’amour qu’il vécut avec sa cousine Magdalena. Ils se croisent, se battent, se rapprochent, s’amusent, se séduisent, se déçoivent, se recroisent… et finissent par s’aimer. Mais à peine marié, le 4 septembre 1668, Titus est emporté par une épidémie. Il n’aura pas le temps de connaître sa fille, Titia, née en mars 1669… rude époque.

Cette BD au long cours, bien que très documentée, n’est pas un documentaire historique. L’auteur évoque très librement, par petites touches légères, avec finesse et humour, la vie de deux hommes, tous deux « grands » mais de différente manière, et celle d’une époque passionnante, le siècle d’or néerlandais.

- Les destins croisés de deux hommes attachants : un père, génie absolu de la peinture, son fils, son modeste assistant.
- Une BD dense (300 pages), où le récit, raconté avec délicatesse, prend le temps de s’installer.
- Un traitement par l’humour, mené de main de maître par un auteur jeunesse reconnu qui s’affirme comme un vrai auteur de BD.
- Une époque, le XVIIe, et une ville, Amsterdam, magnifiquement rendues grâce au trait élégant de l’auteur, issu de l’école française marquée
par Sempé ou encore Serge Bloch.